Quel niveau d'anglais mettre sur son CV ? Le barème CECRL et les scores qui comptent
« Anglais courant » ne veut rien dire pour un recruteur qui va vous tester en entretien. Les six niveaux du CECRL traduits en situations professionnelles concrètes, et les scores à mentionner.

Sommaire
« Anglais courant » : la mention qui ne veut rien dire
Un recruteur qui lit « anglais courant » sur un CV n'apprend rien : la formulation ne renvoie à aucune échelle et recouvre, selon les candidats, un B1 hésitant comme un C1 solide. La bonne pratique est d'indiquer un niveau CECRL explicite (A1 à C2), éventuellement accompagné d'un score et, surtout, d'un exemple d'usage professionnel réel. En France, le seuil qui compte est le B2 : c'est le niveau attendu dès qu'une offre mentionne l'anglais comme condition de travail.
Les six niveaux, traduits en situations de travail
A1 — Découverte. Vous comprenez et utilisez des expressions familières. En contexte professionnel : lire un intitulé, saluer. À ne pas mentionner sur un CV, sauf si l'offre demande explicitement des notions.
A2 — Élémentaire. Vous comprenez des phrases isolées sur des sujets familiers. Vous pouvez lire un courriel simple avec du temps, mais pas participer à un échange en temps réel.
B1 — Seuil. Vous vous débrouillez dans la plupart des situations rencontrées en voyage, vous comprenez l'essentiel d'un langage clair et standard. En réunion, vous suivez le fil sans intervenir. Vous rédigez un courriel court mais avec des erreurs visibles.
B2 — Avancé opérationnel. C'est le seuil professionnel. Vous participez à une réunion, vous défendez un point de vue, vous comprenez un interlocuteur natif à vitesse normale, vous rédigez un courriel argumenté sans relecture externe. Un accent, des hésitations et des erreurs subsistent — mais ils ne gênent pas la communication.
C1 — Autonome. Vous vous exprimez spontanément et couramment, y compris sur des sujets complexes, et vous saisissez les implicites. C'est le niveau qui permet de négocier, d'animer un atelier ou de manager une équipe anglophone.
C2 — Maîtrise. Vous comprenez pratiquement tout et vous restituez de façon nuancée. Rarement exigé hors métiers de la traduction, de la rédaction ou du droit international.
Quels scores mentionner, et à partir de quand
Un score n'est utile sur un CV que s'il renforce votre positionnement. Les repères :
- TOEIC Listening & Reading : mentionnez-le à partir de 785 points, seuil du B2. En dessous, il dessert. Au-delà de 900, il devient un vrai argument.
- TOEFL iBT : pertinent surtout dans un parcours académique international. Depuis 2026, le relevé affiche une bande de 1,0 à 6,0 alignée sur le CECRL en plus de l'ancien total sur 120 — indiquez le format que votre interlocuteur utilise.
- IELTS : la référence pour le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Australie et le Canada. Une bande de 5,5 à 6,5 correspond à peu près au B2.
- Cambridge (FCE, CAE, CPE) : les seuls dont la validité est illimitée, ce qui en fait un bon investissement si vous êtes déjà à niveau.
Deux règles de présentation : datez toujours le score (au-delà de deux ans, il est considéré comme peu représentatif) et ne cumulez pas trois certifications, cela donne l'impression d'un candidat qui collectionne les tests plutôt que la pratique.
Ce qui convainc plus qu'un score
Un recruteur qui parle anglais fera l'entretien en anglais. Ce qui pèse alors, ce n'est pas la ligne du CV mais votre capacité à décrire votre métier. Trois éléments concrets valent mieux qu'une auto-évaluation :
- Un usage professionnel daté : « réunions hebdomadaires en anglais avec l'équipe de Dublin pendant 18 mois » est vérifiable et parlant.
- Un livrable en anglais : documentation, présentation client, article. Cela prouve l'expression écrite, que le TOEIC ne mesure pas.
- Une durée d'immersion : séjour, échange universitaire, mission à l'étranger.
À l'inverse, trois formulations à supprimer : « anglais scolaire » (elle disqualifie sans informer), « lu, écrit, parlé » (héritée d'une époque révolue) et les barres de progression en cinq étoiles, que rien ne rattache à une échelle connue.
S'auto-évaluer honnêtement : les trois tests de vérité
Sur-évaluer son niveau est le risque principal : cela se détecte en trois minutes d'entretien. Trois vérifications simples avant d'écrire quoi que ce soit :
- Regardez 10 minutes d'un journal télévisé anglophone sans sous-titres. Si vous saisissez le sujet mais pas le détail, vous êtes autour du B1. Si vous suivez l'argumentation, B2.
- Rédigez un courriel de refus poli en 150 mots, sans traducteur, en 10 minutes. Si vous butez sur les formules de politesse et les tournures de nuance, vous n'êtes pas encore à B2 à l'écrit.
- Parlez 3 minutes de votre métier, enregistré. Comptez les blancs et les mots français. Plus de trois interruptions par minute : B1.
Un test de positionnement en ligne compétence par compétence donne, en complément, une estimation à un demi-niveau près — suffisant pour rédiger un CV honnête et décider si une certification vaut l'investissement.
Questions fréquentes
Que signifie « anglais courant » sur un CV ?
Rien de normalisé, et c'est justement le problème. La formulation n'a pas de définition partagée : selon les candidats elle recouvre un B1 hésitant comme un C1 solide. Les recruteurs qui pratiquent l'anglais s'en méfient et vérifient en entretien. Préférez un niveau CECRL explicite, éventuellement complété d'un score et d'un exemple d'usage professionnel.
Quel niveau d'anglais faut-il pour un poste « avec anglais professionnel » ?
Le B2 est le seuil attendu dans la très grande majorité des offres. Il correspond à la capacité de participer à une réunion, de défendre un point de vue et de rédiger un courriel argumenté sans préparation particulière. En dessous, l'anglais reste un frein en situation ; au-dessus, le C1 devient un critère différenciant pour les fonctions de négociation ou d'encadrement.
Faut-il mettre son score TOEIC sur son CV ?
Oui s'il est supérieur à 785 points, c'est-à-dire s'il atteste au moins d'un B2 ; en dessous, il dessert plus qu'il ne sert. Mentionnez toujours l'année d'obtention : un score de plus de deux ans est considéré comme peu représentatif du niveau actuel.
Comment évaluer son niveau d'anglais sans passer de test payant ?
Un test de positionnement en ligne, compétence par compétence, donne une estimation fiable à un demi-niveau près — suffisant pour rédiger un CV honnête et pour décider s'il vaut la peine d'investir dans une certification. Le point de contrôle le plus révélateur reste la compréhension orale d'un contenu authentique non sous-titré à vitesse normale.
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Rédaction SimulequaContenu éditorial consacré à anglais, relu pour la clarté des hypothèses et des limites. Rédaction Tests d'anglais